lundi 23 novembre 2009
jeudi 12 novembre 2009
De Staline à Gorbatchev : comment finit un empire.

Autres sons de cloche sur le rôle en 1989 de quelques commémorateurs de la chute du mur, présents lundi 9 à Berlin.
Extraits de : Postface de Luciano Canfora à Staline, histoire et critique d'une légende noire, de D. Losurdo.
[…] Voilà pourquoi la politique extérieure de Gorbatchev, consistant à démanteler spontanément les points de force de l’Etat dont il était le dernier dirigeant, attend (et attendra peut-être longtemps encore) son historien et, auparavant, son interprète. On a parfois l’impression d’être face à deux personnalités différentes, en lutte entre elles, enfermées dans la même personne. Le dirigeant qui, en novembre 1987 encore, revendique la justesse du choix du « pacte » d’août 1939, est difficilement la même personne qui écrit sur « La Stampa » du 3 mars 1992 : « Aujourd’hui nous pouvons dire que tout ce qui est arrivé en Europe orientale ces dernières années n’aurait pas été possible sans la présence de ce pape, sans le grand rôle, politique aussi, qu’il a su jouer ». Paroles que Carl Bernstein, protagoniste en son temps du Watergate et auteur, en février 1992, de l’enquête sur le « pacte secret » entre Reagan et Wojtyla pour appuyer massivement Solidarnosc et, du coup, faire sortir de ses gonds le régime communiste polonais, a défini en avril 1992, dans sa première correspondance pour "Il Sabato", comme un « dévoilement d’un des plus grands secrets du vingtième siècle ».
La collaboration journalistique de Gorbatchev avec « La Stampa » mériterait une analyse systématique, tant affleurent ça et là, dans les plis et dans la mélasse du bavardage générique que Gorbatchev destine à l’important quotidien, des formulations qui devraient jeter quelque lumière sur la personnalité fuyante du dernier secrétaire général du PCUS. Par exemple, ce qui figure vers la fin du prolixe essai du 26 novembre 1992 (« Eltsine, bâton et carotte ») : « Après avoir justement jeté, parce que non utilisable, le modèle communiste, nous devrions éviter de tomber dans d’autres modèles rigides ».
Plus que tout, la « révélation » sur laquelle Carl Bernstein a attiré l’attention –c’est-à-dire l’appréciation de Gorbatchev sur le rôle de Wojtyla dans la démolition des régimes communistes– se concilie mal avec les répliques du dialogue entre Gorbatchev et Wojyla (1° décembre 1989). Ce texte a été publié par Gorbatchev lui-même dans les Avant-Mémoires, là où Wojtyla dit : « Personne ne doit prétendre que les changements en Europe et dans le monde doivent se faire selon le modèle occidental ; ceci est contraire à mes convictions les plus profondes ; l’Europe, en tant que protagoniste de l’histoire mondiale, doit respirer avec ses deux poumons », et Gorbatchev de répondre : « C’est une image très pertinente »#. A la lumière de ce que Gorbatchev a « révélé » en mars 1992, cette proclamation laisse très perplexe. D’autant plus si l’on tient compte de l’avis du brutal exégète de la pensée de Wojtyla qu’est le président polonais Walesa. Interviewé par Jas Gawronski pour « La Stampa » (9 mai 1993, p. 8), Walesa est confronté à la question suivante : « Qui a déterminé l’écroulement du communisme ? Seriez-vous d’accord sur une classification de ce genre : Jean-Paul II, Walesa, Gorbatchev, Reagan ? « ; Et il répond, non sans habileté : « Il est certain que le rôle du pape a été très important, je dirais déterminant. Les autres sont tous des anneaux de la chaîne, la chaîne de la liberté ; difficile de dire lequel a été le plus important, mais n’importe quelle chaîne, sans un anneau, n’est plus une chaîne. Nombreux sont ceux, surtout les allemands, qui jugent que Gorbatchev est le plus important, mais moi je ne suis pas d’accord » (et dans la suite de l’interview il fait lui aussi une « révélation » : d’avoir proposé à Gorbatchev dès 1989 de prendre l’initiative de la dissolution de l’URSS).
Le 24 février 1992, après la publication par « Time » de l’enquête de Carl Bernstein sur le « pacte secret » entre Reagan et Wojtyla pour abattre le régime communiste en Pologne (avec détails relatifs, par exemple, au pont radiophonique institué entre les palais du Vatican et Glemp après que le gouvernement de Varsovie ait coupé les communications téléphoniques entre la Pologne et le Vatican, ou bien relatifs à l’ « enrôlement » par la CIA du vice-ministre polonais de la Défense, ou encore aux torrents d’argent envoyé en Pologne pour soutenir le syndicat « clandestin »), il y eut quelque embarras dans les milieux du Vatican. Euphorique par contre, Reagan confirma, dans une interview de Pino Buongiorno pour « Panorama » : « notre intention [Reagan parle de son administration et de Wojtyla, N.d.A.] a été dès le début de nous unir pour battre les forces du communisme ». Et il poursuivit avec de multiples révélations et détails, publiés sur l’hebdomadaire italien dans son numéro du 22 mars 1992.
Mais même l’intervention la plus massive (pas nouvelle, même si elle fut potentialisée par l’origine polonaise du pontife en exercice) n’aurait probablement pas suffi. Du moins d’après le jugement d’un analyste pointu des affaires soviétiques tel que Helmut Sonnenfeldt. « Quand la porte polonaise s’ouvrit », a déclaré Sonnenfeldt à Panorama, « Moscou ne leva pas le petit doigt. Qui sait si ce qui influença le comportement de Gorbatchev ne fut pas justement une intervention du Vatican ». Hypothèse qui semble trouver confirmation dans les mots, très compromettants, écrits par Gorbatchev pour « La Stampa » le 3 mars 1992. Il n’est donc pas étonnant que peu de temps après, dans la même conversation, Sonnenfeldt parlât, sans donner de noms, de « qui, dans quelque salle du Kremlin, décidât de laisser tout le monde partir librement ».
Les actions politiques accomplies par Gorbatchev, à partir au moins de 1988, ont touché avant tout son peuple. La condition de la Russie était ainsi traitée par François Mitterrand (dans une conversation avec le président du Sénat italien de l’époque, Spadolini) : « Avant, les gens mangeaient peu, mais tout le monde mangeait pareillement peu. Maintenant il y a en Russie de nombreuses mafia (le président -note Spadolini - utilise le terme italien en le soulignant volontairement) qui s’opposent et se battent, et qui s’assurent des secteurs de privilège, monstrueusement distants des privations et de la pauvreté généralisées. Une situation dont c’est peu dire qu’elle est explosive »#.
Pas mal comme fruit du passage à la « liberté » (de quel type, on l’a vu ensuite avec les coups de canon contre le Parlement, en octobre 1993). Il n’est donc pas étonnant que Gorbatchev soit une des personnes les plus détestées de son pays (et de moins en moins dorloté par ses amis à l’étranger).
On peut tout attendre d’un chercheur en histoire, hormis de devoir croire à l’ « ingénuité » qui aurait amené Gorbatchev à commettre erreurs sur erreurs, capitulations sur capitulations. Markus Wolf, le grand artisan des services de sécurité de la RDA, a rappelé, au cours d’une interview au quotidien « La Repubblica »#, que les trois artisans de l’écroulement de l’URSS – Gorbatchev, Chevardnadze, Eltsine – ont travaillé au KGB.
Aux athéniens, fatigués du conflit avec Sparte, Périclès enseignait une grand vérité géopolitique, dans un discours à l’assemblée : « On ne peut pas s’échapper de l’Empire ». Et avec la crudité conceptuelle dont il ne manquait pas, il ajoutait que « l’Empire est tyrannique », qu’il « peut paraître injuste de le défendre, mais il est certainement hautement risqué de le laisser perdre »#. A la fin, l’Empire, qui dura à peine plus de soixante-dix ans, fut perdu à cause aussi de ces stratèges (l’un d’eux s’appelait Adimante) qui dans la bataille décisive d’Egospotami, « trahirent –comme on le dit alors- les bateaux »#. Par une curieuse combinaison historique, l’Empire soviétique a aussi duré soixante-dix ans. Le rapprochement entre Staline et Périclès peut laisser mal à l’aise (bien que désormais des historiens non bigots comme Mikhaïl Heller et Sergio Romano insistent sur la grandeur de l’homme d’Etat géorgien) : il est peut-être plus aisé, même dans l’imprudence propre aux analogies, de reconnaître à Gorbatchev le rôle médiocre et blâmé d’Adimante ».
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio (à paraître, printemps 2010)
1 Gorbatchev (1993).
2 La Stampa, 12 décembre 1993.
3 La Repubblica, 28 juillet 1993.
4 Thucydide, La guerres du Péloponnèse, II, 63.
5 Sénofonte, Helléniques, II, 1, 32 ; Lisia, XIV, 38.
samedi 31 octobre 2009
dimanche 4 octobre 2009
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
très bel article de Maxime Vivas sur les causes des suicides à France Telecom publié sur le Grand Soir :
Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. A l’époque, tous les délocalisés (souvent des couples) étaient volontaires en raison d’avantages palpables : primes de mobilité, autre qualité de vie, de transport, de logement.
Cette direction nationale comptait environ 800 personnes à Blagnac et 6000 dans ses directions « régionales » dont les sièges étaient à Lyon, Metz, Nantes, Paris, Toulouse.
A Paris, la DG (direction générale), sous l’impulsion d’un DRH éclairé et de quelques collaborateurs convaincus, avait mis en place un service national comptant une centaine d’ergonomes ou assimilés pour 150 000 agents.
A quoi sert un ergonome ? En résumé, c’est un analyste du travail dont la tâche est de créer des situations où les opérateurs sont placés dans de meilleures conditions de confort, de sécurité et d’efficacité. Confort, on voit là le profit pour les agents. Efficacité, on voit celui de l’entreprise. L’intérêt commun est dans la sécurité, la diminution des accidents de travail.
En ces lieux de coopération et d’antagonisme que sont les entreprises, les ergonomes développent des opérations gagnant-gagnant, en collaboration avec les directeurs d’établissements, les cadres, les agents, les syndicats et les CHSCT.
Pour arriver à leurs résultats, ils pratiquent de minutieuses observations du travail, dialoguent avec les opérateurs, avec les cadres, étudient les locaux, les documents de travail, les matériels, les notes de service, les modes opératoires, etc. Ils interviennent sur les ambiances thermique, lumineuse, sonore, l’agencement des postes de travail, le contenu du travail, son rythme et son organisation même.
Leur formation emprunte entre autres à la psychologie, à la sociologie, à la physiologie. Dans le jargon des directeurs de France Télécom (essentiellement issus de l’école Polytechnique) adeptes des « sciences dures », il s’agissait là de « sciences molles », donc de théories fumeuses.
A l’époque (je doute que cela ait beaucoup changé depuis), un diplômé d’une grande école, pouvait entrer dans le monde du travail à moins de 30 ans et gérer illico des dizaines, voire des centaines de salariés, sans avoir reçu une seule heure de formation sur ces sciences méprisées. Le fait qu’elles ne soient pas enseignées à Polytechnique suffisait d’ailleurs à prouver qu’elles servaient tout juste à sodomiser les diptères.
Le DRH, fondateur de l’équipe d’ergonomie, parti (ou débarqué), France Télécom n’eut de cesse que de résorber cette niche de plaisantins dont l’activité faisait obstacle au management intuitif, ou dépoussiéré en surface par des bonimenteurs en costars croisés et cravates rayées, pseudos experts de cabinets de consultants dont les attachés-cases étaient bourrés de recettes magiques pour améliorer en un temps record la gestion des « ressources humaines », réduire les coûts du travail, améliorer la productivité.
(...)
mardi 22 septembre 2009
Islamophobie savante, islamophobie politique

Un article parfait d'Alain Gresh publié sur son blog Nouvelle d'Orient :
Nous vivons les temps de l’islamophobie. Chaque jour apporte sa pierre à l’édification d’une machine de guerre d’autant plus efficace qu’elle ne relève d’aucun complot et qu’elle enrôle sous sa bannière des responsables de gauche et de droite, des intellectuels de gauche et de droite, des « savants » de gauche et de droite. Burqa, affaire Vincent Geisser – que j’ai eu tort de ne pas évoquer avant sur ce blog –, femmes afghanes, pratique du ramadan, etc, tout est bon, non pour critiquer l’islam (« Peut-on critiquer l’islam ? »), mais pour stigmatiser les musulmans et, surtout, créer une atmosphère de troisième guerre mondiale.
C’est en mars 2006 que Charlie-Hebdo publie « Le manifeste des douze : ensemble contre le nouveau totalitarisme », L’Express, 2 mars 2006, où l’on retrouve les incontournables Bernard-Henri Lévy, Caroline Fourest, Philippe Val, Antoine Sfeir :
« Après avoir vaincu le fascisme, le nazisme et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de type totalitaire : l’islamisme. Nous, écrivains, journalistes, intellectuels, appelons à la résistance au totalitarisme religieux et à la promotion de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité pour tous. » Nous restons dans cette atmosphère malsaine.
La publication par Le Seuil du livre « Aristote au Mont Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne, » de Sylvain Gouguenheim avait suscité, au début 2008, une puissante polémique. (« Un historien au service de l’islamophobie » 7 mai 2008). Sous la direction de Max Lejbowicz, L’islam médiéval en terres chrétiennes (Presses universitaires Septentrion, Villeneuve d’Ascq, 2009), sous-titré « Science et idéologie », avait constitué une première riposte des « savants ». Le livre publié chez Fayard sous la direction de Philippe Büttgen, Alain de Libera, Marwan Rashed et Irène Rosier-Catach, Les Grecs, les Arabes et nous. Enquête sur l’islamophobie savante, est une nouvelle charge contre les impostures.
Les coordinateurs écrivent dans leur préface :
« Aristote au Mont-Saint-Michel développe une vision du monde qui s’insère très précisément dans la philosophie de l’histoire sarkozyste à la rencontre de trois axes majeurs : (1) exaltation de la France toute chrétienne, celui du “long manteau de l’Eglise” jeté sur nos campagnes ; (2) revendication assumée de l’“oeuvre positive” de la colonisation – puisque la science est, par essence, européenne ; (3) volonté de “liquider” définitivement Mai 68. Et l’on se trouve confronté à ce paradoxe, typique de notre temps, où l’auteur le plus en phase avec la doxa des idéologues officiels – on songe à celui qui, aux premiers jours de la Restauration (26 juillet 2007), composa l’inoubliable discours de Dakar – est décrit comme un parangon d’indépendance et de courage par diverses crécelles médiatiques. (...)
Les Arabes sont des Arabes, dit l’islamophobie savante, de peur qu’eux aussi ne soient grecs, comme nous le soutiendrons. Cela ne se dit qu’à la troisième personne : “eux les Arabes”, ceux qu’on désigne de loin, des banlieues aux universités, sur tout le trajet de l’islamophobie savante. Qui aujourd’hui peut dire : “Nous les Arabes” sans s’attirer les pires soupçons ? Raison de plus, aujourd’hui, pour que nous le fassions. Les Grecs, les Arabes. Et nous ? Nous les Grecs, bien sûr. Nous les Arabes pas moins. Mais nous les Latins, aussi bien que nous les juifs, nous tous les absents de la nouvelle Restauration, nous tous les autres, nous qui n’entrons pas dans les “synthèses”, “hélléno-chrétiennes” ou celles qu’on voudra, nous les composites. »
N’allez surtout pas dire aux membres de la mission d’information sur la burqa que nous sommes composites. Ils en tomberaient de leur fauteuil, eux comme les invités soigneusement triés. Prenez le temps de lire les témoignages et les réactions des députés, ils reflètent, malheureusement, l’état d’une opinion désinformée. Le 9 septembre, la mission a auditionné Mme Sihem Habchi, présidente de l’association Ni putes ni soumises et Mme Élisabeth Badinter, philosophe.
Rappelons que l’association Ni putes ni soumises est largement financée par les pouvoirs publics et les pouvoirs locaux, toutes tendances confondues. Et elle reçoit des aides d’autant plus importantes qu’elle ne dispose d’aucune base militante et qu’elle est absente de ces banlieues dont elle prétend vouloir défendre les jeunes filles. Sa présence dans les médias lui donne une légitimité que son audience sur le terrain ne lui permet guère.
Qu’explique sa présidente ? que « l’inconscience politique a, au bout du bout, permis les pires des exactions contre les femmes. J’ai encore devant les yeux le portrait de Sohane, brûlée vive dans un local à poubelles pour avoir dit non. Je me rappelle de Samira Bellil, qui a été victime de nombreux viols collectifs et nous a quittés il y a cinq ans. Me reviennent également en mémoire Erim, Malika et tant d’autres qui ont été victimes de mariages forcés, Diaryatou Bah qui a été victime d’excision qui l’a contrainte à faire trois fausses couches, Myriam qui, pour avoir simplement effleuré le bras d’un garçon a décidé d’en finir avec l’oppression familiale et s’est défenestrée en juin dernier. Si certaines ne sont plus parmi nous, d’autres restent debout pour faire en sorte que leurs sœurs ne soient pas mortes pour rien ». Ainsi, la violence contre les femmes qui, en France tue une demi douzaine de personnes par mois, serait le fait des seuls musulmans ? Pourquoi ne dit-elle rien sur la violence faite, aussi, aux femmes française « de souche » ? Pourquoi ne dénonce-t-elle pas l’attitude des médias : quand un homme français de souche tue sa compagne, il s’agit d’un crime passionnel, quand il s’agit d’un musulman, il s’agit d’une violence religieuse ou ethnique, on ne sait pas très bien.
En fait, ce que son discours sous-entend, ou même affirme clairement, comme celui de Mme Badinter c’est que nous pouvons parler des souffrances des femmes et même nous réclamer du féminisme – terme qui fut longtemps proscrit, mal vu, y compris à gauche (et le reste quand il s’agit de dénoncer les féministes américaines) – à condition de parler des femmes musulmanes. Dénoncer leur sort nous permet de dire que « nous » ne sommes pas comme « eux », nous ne sommes pas des arabes ou des musulmans, nous sommes les descendants de la civilisation grecque.
Il y a un moment fortement comique dans cette déposition, quand Mme Habchi affirme, sans rire, que « le chemin le plus court pour l’Asemblée nationale n’est ni le voile ni la burqa ». Cette dame sait-elle que, dans cette assemblée, il n’y a pas 15% de femmes députées ? Le fait qu’elles ne portent pas de foulard ne semble pas leur ouvrir les portes du pouvoir. (Rappelons que, jusque dans les années 1960, il y a eu des députés prêtres qui venaient en tenue au parlement ; le dernier, à ma connaissance, fut le chanoine Kir, maire de Dijon ; la République était pourtant laïque, mais, il est vrai, qu’elle n’était pas menacée par l’islam).
Je ne reviendrai pas longuement sur les déclarations de Mme Badinter, mais un principe sous-tend son intervention : « ils », les musulmans, doivent se conformer aux lois du pays dans lequel ils s’installent. Le seul problème c’est qu’ils ne s’installent pas, « ils » sont là, ils sont français et "ils" vont rester et faire la France. A moins qu’on ne veuille les déchoir de la nationalité, comme le pouvoir de Vichy l’a fait avec les juifs. Tout le monde s’est réjouit que l’on ait refusé la nationalité française à une femme musulmane qui portait la burqa. Fallait-il, dans les années 1930, refuser la nationalité à des juifs loubavitch qui ne s’habillaient pas comme tout le monde et avaient de drôle de papillotes ?
dimanche 6 septembre 2009
Berlusconi veux fermer l’Unità

Communiqué de la Direction de l’Unità :
Les arguments contenus dans les deux citations (dans les photos : les couvertures des deux numéros du journal "incriminés") sont formellement destinées à démontrer que l’Unità a lésé la réputation de Berlusconi, mais sur le fond ils se réfèrent à un délit non prévu par notre système juridique, celui de dit lèse majesté.
L’avocat du conteste nos opinions politiques, nos analyses (partagées par ailleurs par les éditorialistes d’autres quotidiens nationaux et internationaux qui de toute façon se réfèrent à la libre manifestation des opinions publiques garanties par l’article 21 de la Constitution) sur les rapports entre la majorité et le Vatican. Ou bien sur des jugements concernant les comportements privés du Pdt du Conseil et sur leur compatibilité avec son rôle public.
Y figure également la notion de lésion à l’honorabilité du pdt du Conseil pour avoir rapporté des jugements exprimés publiquement par Veronica Lario (épouse de Berlusconi en instance de divorce ndt) sur son comportement et ses fréquentations de filles mineures. Et même l’opinion d’une écrivaine comme Silvia Ballestra est insérée dans la liste des affirmations à ne pas publier.
Un passage de l’acte juridique produit par l’avocat du pdt du Conseil résume bien le sens global de l’initiative. “On a écrit, en faisaient passer cela pour des véritsé, que « tout aurait été caché » et qu’on aurait manipulé l’information à travers les télévisions. Et que M Berlusconi disposerait non seulement d’un tel contrôle mai en aurait même abusé et continuerait à le faire en portant atteinte au service public Rai pour ses intérêts personnels (qui consisterait en une sorte de guerre contre la télévision Sky). Et cela comme tout ce qui a été divulgué par l’Unità est une pure invention ”.
En définitive, il est “diffamatoire” même de dire que Berlusconi contrôle l’information en Italie.
Est contesté le caractère prétendument “illicite” de deux numéro entiers du quotidien dans tout ce qui se rapporte au Pdt du Conseil, à travers le mélange d’articles et commentaires, devient ainsi “diffamatoire” une ligne politique et une vision du monde dans son ensemble.
Dans les deux actes d’accusation il est impossible de trouver quoi que ce soit concernant les affirmations contestées. Il n’est donc pas possible de démontrer que celle-ci sont fondées sur des déclarations publiques.(même des déclarations faites par des députés de la république autrefois proches de Berlusconi comme Paolo Guzzanti) ou sur des déclarations déjà connues par les autorités judiciaires (comme celles de Patrizia D’Addario) et diffusées par toute la presse mondiale.
Cela clarifie les raisons des choix des avocats et la demande du payement de dommages exorbitant. Il est évident que Silvio Berlusconi, comme pendant le fascisme, veut fermer le quotidien fondé par Antonio Gramsci.
Nous ferons tout ce qui est possible pour l’empêcher. Nous lançons, à nos lecteurs et à tous les démocrates, un appel à la mobilisation pour la liberté de la presse.
L’Unità 02 septembre 2009 http://www.unita.it/
Commentaire de la traductrice :
Tout au long de l’article de l’Unità, Berlusconi est qualifié de "Premier».
Il est en effet Président du Conseil et c’est ainsi que je l’ai sciemment traduit. Car en effet le « Premier » est un mot inexistant dans le vocabulaire italien tout autant que dans la Constitution. Il renvoie à la version anglicisée du mot "Premier Ministre" inexistant en Italie. Il est fort dommage que la presse dans son ensemble se fasse l’instrument d’une volonté de dénaturer le caractère parlementaire de la république italienne en appelant de ses veux (de façon explicite ou implicite) l’avènement d’une république présidentielle, bipolaire et dominée par l’exécutif, considéré par certains comme le nec plus ultra de la modernité et comme la panacée pour tous les maux d’Italie.
En tant que citoyenne italienne, respectueuse de la Constitution de 1948, issue de la résistance, je refuse de cautionner un tel détournement de la république, tout en affirmant mon soutien le plus total à la presse italienne attaquée de façon ignominieuse par le … Président du Conseil !
L. A.
dimanche 23 août 2009
I cento passi
La fin du film est poignante..
lundi 10 août 2009
Que cache la Burqa?

Cette affaire de « burqa » est révélatrice de plusieurs symptômes.
Tout d’abord je voudrais relever le fait qu’encore une fois ce sont des hommes qui décident de comment les femmes doivent s’habiller, quel symbole ! Et on veut nous faire croire que c’est pour la défense des droits des femmes.
Je relève également que les 2 millions de femmes battues en France n’ont pas droit à tant d’honneurs dans le medias, et que d’une façon générale tout ce qui se passe entre les murs domestiques ou les graves discriminations contre les femmes à l’entreprises ne semblent pas susciter tant d’émoi. Et pour cause, elles sont cachées. Mais cachez donc cette « burqa » que je ne saurais voir…
Si l’on s’en tient à l’espace public, il faudrait, selon certains politiciens, pouvoir être reconnu en tout lieu et à tout moment. N’est-ce pas la définition de l’état policier ? Le pauvre Foucault doit se retourner dans sa tombe en voyant au sein de la « gauche » tant d’apôtres du panoptique.
J’aimerais aussi partir d’un vécu personnel en tant que femme et en tant qu’individu. Combien de fois n’ai-je pas souhaité me cacher à la face du monde à cause des regards et attentions nauséabonds dont j’ai fait l’objet de la part d’une certaine gent masculine (trop nombreuse hélas). Non, je ne parle pas de sourires amicaux ou de compliments galants mais d’attitudes induisant l’impression d’être un quart de viande dans une boucherie. Se voiler ce n’est certes pas une solution, mais cela pourrait apporter un certain répit passager. Franchement j’y ai souvent pensé, tout en n’étant pas musulmane et totalement athée.
En tant qu’individu, combien de fois n’ai-je pas voulu me soustraire aux multiples sollicitations dont nous faisons tous l’objets en permanence, aux cameras omniprésentes, aux contrôles en tout genre. L’anonymat est un crime dans une société marchande où à tout moment on doit pouvoir vous pister, vous observer, étudier votre comportement de consommateurs potentiel, surveiller votre attitude, (ne seriez-vous pas un terroriste ?).
Que dire de celui qui oserait la non-conformité ? Non je ne parle pas du gothique en vadrouille ou du fan des mangas, je parle bel et bien de celui qui voudrait ne pas se soumettre aux comportements dictés par la société divisée en genres bien précis et stéréotypes et en classes sociales tout autant codifiées, ou qui tout simplement voudrait, du moins par moments, qu’on ne lui adresse pas la parole.
Mais venons-en maintenant à la prétendue menace que le voile d’abord, puis la « burqa » feraient peser sur nos sociétés.
Je me souviens d’un épisode d’une jeune élève d’une classe ou j’enseignais qui portait une sorte de turban sur la tête. Etant obligée de respecter les circulaires je lui ai dit de l’ôter, la classe en cœur s’est exclamée « mais elle est chrétienne !». Voilà que nos chères têtes blondes, pardon métisses ont très bien compris de quoi cela retourne en fait, à savoir d’une mesure anti-musulmane. J’ai répondu que ce n’était pas mon problème et que je n’avais pas à connaître sa religion. La jeune fille continuait néanmoins à venir avec son turban sur la tête et moi j’étais obligée de lui demander de l’enlever.
Au fil du temps j’ai découvert que la jeune fille tenait tant à porter cet accoutrement sur la tête par honte de montrer ces cheveux crépus, signe distinctif d’une fille d’immigrés. Conditions d’infériorité et de stigmatisation qui la faisaient particulièrement souffrir. Ainsi on se cache également vis-à-vis d’une société où la transgression à la norme blanche est une blessure que l‘on essaye d’effacer par un bout de tissu.
Cela me fait penser au film « pain et chocolat » où Nino Manfredi, immigré italien dans la Suisse des années ‘70, se teignait les cheveux et la moustache en blond platine pour effacer ses origines inavouables.
Il faut donc constater que, non seulement toute contestation de la société telle qu’elle est doit être poursuivie et condamnée, quelle qu’en soient les formes et les auteurs. Que la volonté, même individuelle, de se soustraire à cet ordre mortifère doit être punie. Cela ne suffit pas, même des tentatives de se protéger contre les stigmates dont on fait l’objet doivent être interdites.
Puis du voile on est passé à la « burqa », qui n’en est pas une puisqu’il s’agit du voile intégral, mais cela sent bon la justification de la guerre d’Afghanistan.
Des hordes de femmes en voile intégral menaceraient-elles la République ? Personnellement ce qui me semble très dangereux c’est le contrôle continu au faciès dont sont victimes les immigrés anciens et nouveaux de notre beau pays. A-t-on une idée de la colère ( et je pèse mes mots ) qu’une telle violence peut engendrer ? Les discriminations croissantes, la crise, la pauvreté, voilà ce qui menace la société et qui peut créer des conflits et des formes de violence. A propos pourquoi n’inclut-on pas la violence au travail dans les statistiques de trouble à l’ordre public ? Mystère…
Ah mais la « burqua » ! C’est tellement plus facile de s’en prendre à quelque femmes, rares et isolées.
Mais alors il faut se demander, quelle mouche à piqué Gérin ou d’autres responsables de la « gauche » ? Et quelles conséquences cette affaire risque-t-elle d’avoir dans la société ?
Tout d’abord j’y vois un aveuglement dangereux, ou un tout aussi dangereux opportunisme de la part de ceux qui ne sachant pas, ou ne voulant pas s’attaquer aux problèmes réels font diversion par la création d’un ennemi. Vous rappelez-vous la légende des femmes voilées qui pendant la guerre d’Algérie étaient toutes soupçonnées d’être des poseuses de bombes ?
Sur les conséquences cela est très clair. Mon compatriote Manzoni raconte une histoire dans son ouvrage « histoire de la colonne infâme ». Deux pauvres touristes français en visite en Italie par temps de peste eurent la mauvaise idée de toucher une colonne romaine pour sentir de leurs doigts le beau grain du marbre. Dans l’affolement général d’une épidémie que personne ne savait combattre, on avait lancé la rumeur selon laquelle des « gens » allaient « oindre » les lieux publics pour propager la peste. Les pauvres touristes français furent accusés car ces étrangers avaient tâté un monument public. Ce ne pouvaient être que des « untori » ( des propagateurs de la peste ). Ils furent livrés à la vindicte populaire et lynchés sur place....
Cornelia
Photographie : "La Sophocléenne" femme drapée et voilée dans un himation. Tanagra (Vers 330 - 300 avant J.-C) Musée du Louvre.
jeudi 6 août 2009
LES AVANTAGES DE LAFÂME LIBÉRÉE

samedi 11 juillet 2009
Tuez-les à la naissance

Par Valerio Evangelisti, Manifesto 11, juillet 2009
Nous pourrions définir la méthode comme “tuez les à la naissance”.
[1] Allusion a l '« affaire » du récent dîner privé de M Berlusconi avec des membres de la Cour Constitutionnelle.
[2] Nom que s’est attribué le récent mouvement étudiant et lycéen contre les réformes de la MinistreGelmini.
lundi 6 juillet 2009
"même le facisme n’était pas allé aussi loin"
Pétition contre les nouvelles lois raciste en Italie
A l'opinion publique européenne et aux journalistes qui en sont l'expression:
Ce qui se produit en Italie a toujours eu, bon gré mal gré, une influence extraordinaire sur la société européenne toute entière, depuis la Renaissance jusqu’au fascisme.
Mais ces événements n’ont pas toujours été connus à temps.
On trouve en ce moment, sur les quotidiens européens, une grande attention concernant divers aspects de la crise qui touche notre pays. Nous considérons, cependant, qu’il est du devoir de ceux qui vivent en Italie de rappeler à l’attention de l’opinion publique européenne d’autres aspects restés dans l’ombre. Il s’agit de certains aspects de la législation italienne qui, si rien ne vient les empêcher, risquent de défigurer le visage de l’Europe et de faire reculer la cause des droits humains dans le monde entier.
Le gouvernement Berlusconi, sous prétexte de sécurité, a imposé au Parlement, qu’il garde sous contrôle, l’adoption de normes discriminatoires envers les immigrés, jamais vues en Europe depuis l’époque des lois raciales.
Le sujet passif de la discrimination a été remplacé. Il ne s’agit plus des juifs mais de la population des immigrés irréguliers, qui compte des centaines de milliers de personnes. Mais les dispositifs prévus par les lois raciales, comme l’interdiction des mariages mixtes, n’ont pas (été) changé(s).
Par cette interdiction, on empêche, en raison de leur nationalité, l’exercice d’un droit fondamental tel que celui de se marier, sans distinction d’ethnie ou de religion. Droit fondamental qui n’est pas supprimé seulement aux étrangers mais également aux italiens eux-mêmes.
Par une norme qui viole encore davantage la dignité humaine on a, en outre, (été) introduit l’interdiction pour des femmes étrangères en situation d’irrégularité administrative, de reconnaître les enfants qu’elles ont elle mêmes mis aux monde.. Ainsi par la force d’une telle décision politique d’une majorité passagère, les enfants mis au monde par des femmes étrangères irrégulières deviendront pour toute leur vie les enfants de personne. Ils seront (soustraits) enlevés à leurs mères et placés dans les mains de l’Etat. Même le fascisme n’était pas allé aussi loin. En effet les lois raciales introduites par ce régime en 1938 ne privaient pas les mères juives de leurs enfants, ni ne les obligeaient à avorter pour éviter la confiscation de leurs enfants par l’Etat. Nous ne nous adresserions pas à l’opinion publique européenne si la gravité de ces mesures n’était telle qu’elle dépasse toute frontière nationale et ne demandait une réaction responsable de toutes les personnes qui croient en une commune humanité.
L’Europe ne peut admettre qu’un de ses pays fondateurs ne rétrograde (redresse) à des niveaux primitifs de cohabitation, en contradiction avec les lois internationales, les principes de garantie et de civilisation juridique sur lesquels se fonde la construction politique européenne elle-même.
Il est de l’intérêt et de l’honneur de nous tous européens que cela ne se produise pas.
L’opinion publique européenne doit prendre conscience de la pathologie qui vient de l’Italie et se mobiliser pour empêcher qu’elle se propage en Europe.
A chacun de choisir les formes opportunes pour manifester et faire valoir son opposition
Premiers signataires : Andrea Camilleri, Antonio Tabucchi, Dacia Maraini, Dario Fo, Franca Rame, Moni Ovadia, Maurizio Scaparro, Gianni Amelio
Pour signer : http://temi.repubblica.it/micromega-online/ cliquez sur "FIRMA"
texte traduit par L. A.
mercredi 1 juillet 2009
Pina Bausch est morte
Assister à une de ses création artistique, reste une des expérience les plus fortes qu'on puisse avoir en tant que spectateur.
Caius
« j’ai vu pour la première fois au théâtre des spectacles qui possédaient la structure de la tragédie, ce qu’on ne voit pratiquement plus sur aucune scène, enfin pour ce qui est du théâtre parlé. Je me trouvais soudain face à un théâtre et qui était sans texte, ce qui m’a directement touché ». (Heiner Muller)
En hommage un extrait de "Café Müller":
mercredi 24 juin 2009
Italie : Après les Européennes, les communistes à la peine

Premier constat : La droite reste largement majoritaire.
Néanmoins contrairement aux espoirs de son leader Silvio Berlusconi, le nouveau parti "unique" de la droite Il Popolo Delle Liberta' (Pdl) ne dépasse pas les 40% : avec 35, 3 % il perd même 2% sur son résultat des législatives de 2008 (37,3%). Grand vainqueur, le parti raciste de la Ligue du Nord qui passe en un an de 8,3 à 10,2% des suffrages. La droite garde donc globalement son capital de voix.
Deuxième constat : Le centre gauche confirme sa défaite et en particulier le Parti Démocrate qui chute de 33,1 à 26,1% entre 2009 et 2008. Il paye ses divisions entre courant catholique et courant laïque et surtout son manque de pugnacité face à la droite. Son recul profite à son allié« l’Italie des Valeurs », le parti de l’ancien procureur Di Pietro, opposant le plus résolus à Silvio Berlusconi au moins sur le terrain institutionnel, passe de 4,4% à 8%.
Dans l’opposition, sans être avec le PD, les catholiques du parti centriste UDC progressent aussi passant de 5,6 à 6,5%.
Et la gauche ?
Après le désastre de 2008 et sa disparition du parlement (conséquence du très mauvais score de la liste de la « Gauche Arc en ciel »), elle se présentait coupée en deux : d’un côté la liste des communistes unis avec le Pdci (Parti des communistes italiens) et la majorité du Prc (Parti de la Refondation communiste), de l’autre la liste Sinitra e Libertà, regroupant les Verts, les Démocrates de gauches, la minorité bertinottienne, scissionniste, du Prc, et les socialistes néocraxiens (qui s’étaient présentés seuls en 2008)
- La liste des communistes obtient 1 million de voix et 3,32%,
- Sinitra e libertà (très valorisé par la presse) obtient 3,1%.
Rifondazione paie, à l'évidence, la récente scission qui a entrainée le départ de tous ces anciens principaux dirigeants. Le parti paie aussi des divisions internes maintenues, avec des résistances fortes, au sein même du parti, à la liste unitaire avec le Pdci.
La baisse de moyens causés par cette chute aura des conséquences sur l’activité du Pdci et du Prc.
Et par-dessus tout, les comportements suicidaires continuent : ainsi Le secrétaire du Pdci, Di Liberto, vient-il exclure du parti le dirigeant de la principale minorité du parti, Marco Rizo, député européen sortant, sous prétexte de manque de participation à la campagne des européennes , en vraie pour avoir dénoncé la collusion du secrétaire avec un membre de la loge P2, preuve photographique à l’appuie!
Caius
dimanche 14 juin 2009
Après les élections européennes

Je ne reviendrai pas sur les élections en France dont le principal enseignement reste la très faible participation, surtout des jeunes, des ouvriers et des employés. Le "Front de Gauche" progresse très légèrement sur le score du PCF en 2004, passant de 2 à 4 députés
Juste quelques remarques sur les scores des autres partis de tradition communiste en Europe.
Le parti communiste grec, le KKE, est autour des 8,75 %, en léger recul par rapport aux européennes de 2004, mais au dessus de leur très bon score des législatives de 2007. Il reste la troisième force derrière le Pasok et Nouvelle Démocratie et ce malgré de la présence d'une liste "concurrente" de gauche, Syriza, pour qui les sondages promettaient il y a quelques mois monts et merveilles et qui reste à 4,7%, en dessous de leur score des législatives, et de l'émergence des Verts (là aussi les sondages les mettaient devant le KKE, il sont avec 3.49% derrière Syriza).
Au Portugal, l'alliance CDU entre PCP et vert a légèrement progressé à 10.66%, mais c'est le Bloc de Gauche (fusion de trois organisation d'extrême gauche en 79) qui créé l'évènement en passant devant le CDU avce 10,73% et qui passe de 1 à 3 eurodéputés. Parallèlement le PS fait un mauvais score.
En Tchéquie, avec 14,18 %, le KSCM reste le troisième parti tchèque en améliorant son score des législatives de 2006 (12,85 %) mais recule sur les européennes de 2004 (plus de 20 % et 6 députés).
Les exemples portugais, grecque et tchèque (et aussi de l'AKEL à Chypre) sont intéressants et ont au moins un point commun : ils s'agit de trois (ou quatre) partis communistes nationaux, qui n'ont jamais rompus le fil de leur histoire en tant que partis communistes et dans leur rapport avec leur peuple.
Cela prouve aussi que des partis communistes non rénovés/refondés/mutés/dépassés, maintiennent pour le moins des positions significatives (même si en recul net par rapport à leur période de gloire, sauf l'AKEL mais dont la situation est dominé par la question nationale). Remarquons que les trois autres partis qui avaient des caractéristiques similaires aux partis précités, le PCF, le PCI et, à un moindre niveau, le PCE, plus ils ont muté plus ils sont en difficultés! Et à cet égard, c'est celui qui, malgré tout, n'a pas complètement rompu le fil de son histoire communiste, le PCF, qui s'en sort le moins mal. Je reviendrai de manière plus approfondie sur le score de la liste des communistes unis en Italie, qui ne réussit pas à passer la barre des 4% et perd toute représentation parlementaire européenne... tous comme les bertinotiens scissionnistes qui se présentaient avec les verts et les socialiste dans la liste Sinistra e libertà...
Aucune des expériences d'organisation post communiste ne peut faire la preuve d'une réussite politique durable et significative. Quant au bloc de gauche au Portugal (dont l'émergence n'empêche pas la progression de la coalition autour du PCP), il n'est pas de tradition communiste et par certains côté est plus proche du NPA que des communistes social-démocratisés à la Syriza.
Mais je pense que la situation grecque ou portugaise est inatteignable à court terme en France, compte tenu de tout ce qui a été détruit dans le PCF. Il ne suffit pas d'avoir une ligne juste pour progresser ou retrouver des scores significatifs: une fois que des fils ont été rompus avec le peuple et la classe ouvrière, cela est difficile et long (pas impossible) de les renouer. Encore en faut-il avoir la volonté...
Caius
Image : Johann Henrich Füssli (1741-1825), Les Etoliens implorant Méléagre de défendre la cité de Calydon, (1776), sanguine, Musée du Louvre