| Réception des ambassadeur vénitiens à Damas, Musée du Louvre Paris |
mardi 28 août 2012
Syrie : un article passionnant de Khaled Satour
FACE AU CHAOS SYRIEN : L'EFFONDREMENT
DE LA CONSCIENCE POLITIQUE ARABE
mardi 17 juillet 2012
L’opposition syrienne : qui produit le discours un article de Charlie Skelton, The Guardian 12 juillet 2012
«Plusieurs câbles diplomatiques émanant de l’ambassade à Damas révèlent que les exilés Syriens reçoivent de l’argent d’un programme du Département d’Etat appelé la Middle East Partnership Initiative. Selon ces câbles, le Département d’Etat a fait transiter l’argent à l’organisation en exil via le Democracy Council, une fondation dont le siège se trouve à Los Angeles.»
Il poursuit en reprenant les horribles récits de Fakher de tortures et de massacres. Fakher parle à Cohen d’une nouvelle technique de torture dont il a entendu parler, la plaque brûlante : « imaginez toute la chair fondant jusqu’à l’os avant que le prisonnier tombe sur la plaque.» Le lendemain, Shamik Das, écrivant sur la «base de preuves» dans le blog progressiste Left Foot Forward, cite la même source : «Hamza Fakher, un militant pour la démocratie, décrit l’affligeante réalité…» – répète le compte rendu de Cohen sur les atrocités.
Alors, qui est exactement le «militant pour la démocratie» Hamza Fakher ?
Il se trouve que Fakher est le co-auteur de Revolution in Danger, un «briefing de le Henry Jackson Society,» publié en février 2012. Il a co-rédigé ce document avec Michael Weis, le directeur de la communication de la Henry Jackson Society. Et quand il ne co-écrit pas des briefings de la Henry Jackson Society, Fakher est le directeur de la communication du Strategic Research and Communication Centre (SRCC) basé à Londres. Selon leur site web, «Il a rejoint le centre en 2011 et a été chargé de la stratégie et des produits de communication du centre.»
Comme vous vous en souvenz sans doute, le SRCC est dirigé par Ausama Monajed : «M. Monajed a fondé le centre en 2010. Il est largement cité et interviewé dans la presse et les médias internationaux. Il travaillait auparavant comme consultant en communication en Europe et aux Etats Unis t a été directeur de Barada Television… »
Monajed est le patron de Fakher.
Si ce n’était pas suffisant, pour la touche finale de Washington, on trouvera au conseil d’administration du Strategic Research and Communication Centre, Murhaf Jouejati, professeur à la National Defence University, à Washington – « la première institution de formation militaire interarmes (JPME oint Professional Military Education) qui est « sous l’autorité de son président, le chef d’état-major interarmes.»
Si vous aviez envie d’aller faire un tour au “Strategic Research and Communication Centre” de Monajed, vous le trouverez à cette adresse : Strategic Research & Communication Centre, Office 36, 88-90 Hatton Garden, Holborn, London EC1N 8PN.
Office 36 à 88-90 Hatton Garden est aussi l’endroit où vous trouverez le siège londonien de The Fake Tan Company, Supercar 4 U Limited, de Moola loans (une société de crédit), d’Ultimate Screeding (for tous vos besoins de nivelage), and The London School of Attraction – «un centre de formation londonien qui aide les hommes à développer les compétences et la confiance pour rencontrer et attirer les femmes.» Et encore une autre centaine d’entreprises. C’est un bureau virtuel. Il y a d’ailleurs quelque chose d’étrangement approprié dans tout ça. Un « centre de communication » qui n’a même pas de centre, de local – un nom pompeux mais sans substance concrète.
C’est la réalité de Hamza Fakher. Le 27 mai, Shamik Das de Left Foot Forward a cité à nouveau un récit d’atrocités relaté par Fakher qu’il présente cette fois comme « le récit d’un témoin oculaire» (ce que Cohen n’a jamais affirmé) et qui maintenant s’est cristallisé comme étant «le dossier du régime Assad.»
Ainsi, un rapport sur des atrocités fourni par un stratégiste de la Henry Jackson Society qui est le responsable de la communication du service des relations publiques de Mosafed a pris l’envergure d’un «dossier» historique.
Je ne veux pas dire que les récits d’atrocités sont forcément faux, mais combien parmi ceux qui les prennent pour argent comptant s’intéressent à leurs origines ?
Et n’oublions pas, la déstabilisation qui a été entreprise dans le domaine de l’information et de l’opinion publique l’est encore plus sur le terrain. Nous savons déjà que (au minimum) «la CIA et le Département d’Etat… aident l’Armée Syrienne Libre de l’opposition à développer des routes logistiques pour acheminer des fournitures à l’intérieur de la Syrie et donnent une formation dans le domaine des [télé]communications. »
Les soutes à bombes sont ouvertes. Les plans ont été préparés.
Ces choses étaient en préparation depuis longtemps. L’énorme énergie et la planification méticuleuse qui ont été investies dans ce changement de régime – c’est à couper le souffle. La force de persuasion et les entrées politiques des grandes fondations et des thinktanks politiques sont considérables, mais l’examen des sources ne se contente pas de titres pompeux, de bourses de recherche et de « briefings de stratégie.» On doit demander : directeur exécutif de quoi exactement. Le fait d’avoir les mots «démocratie» ou «droits de l’homme» dans l’intitulé de votre job ne vaut pas dispense de ce contrôle.
Et si vous êtes un « responsable de la communication,» cela implique que vos paroles doivent être accueillies avec une prudence extrême. Weiss et Fakher, tous deux responsables de communication sont des professionnels des relations publiques. Lors de l’évènement de Chatham House en juin 2001, monajed était inscrit en tant que « directeur de la communication de la National Initiative for Change » et il était directeur des relations publiques pour le Mouvement pour la Justice et le Développement (MJD). Le créateur du site web d’informations NOW Lebanon, Eli Khoury, est un cadre publicitaire de Saatchi. Ces responsables de la communication travaillent dur pour créer ce que Tamara Witts appelait une [image de] «marque positive.»
Ils vendent l’idée d’une intervention militaire et d’un changement de régime, que la presse grand public est pressée d’acheter. Beaucoup de «militants» et de porte-paroles de l’opposition syrienne sont étroitement liés (souvent financièrement) aux Etats Unis et à Londres – ceux-là mêmes qui feraient l’ intervention. Ce qui veut dire que les informations et les chiffres donnés par ces sources ne sont pas nécessairement de la pure information – ce sont des arguments de vente dans une campagne de relations publiques.
Mais il n’est jamais trop tard pour poser des questions, pour examiner des sources. Poser des questions ne fait pas de vous un admirateur d’Assad – c’est un argument spécieux. Cela vous rend seulement moins susceptible d’être induit en erreur par la propagande. La bonne nouvelle, c’est qu’il nait un sceptique par minute.
jeudi 12 juillet 2012
mardi 8 mai 2012
samedi 21 avril 2012
mardi 6 mars 2012
Torture en Italie

L’affaire « De Tormentis » et les tortionnaires spéciaux des années 1970 ; la sentence du Tribunal d’Asti qui reconnait les maltraitances sur des détenus, mais n’a pas d’outil adéquat pour les punir ; et la vie perdue de Giuseppe Gulotta, emprisonné durant 22 années et libéré uniquement après qu’un ex-brigadier des carabiniers ait raconté comment des faux aveux étaient obtenus. Trois affaires dans un pays où on viole les droits humains.
L’interdiction de faire usage de la torture bénéficie en Italie d’une parfaite clarté théorique, mais d’une mise en pratique tout à fait fictive. Lorsqu’en 2005 les Nations Unies décidèrent d’instaurer un Rapporteur Spécial dont la mission serait de protéger les droits humains dans la lutte contre le terrorisme international, les états européens saluèrent positivement ce nouvel outil qui venait se greffer à d’autres outils de contrôle déjà en vigueur à l’époque, plus particulièrement l’activité du Comité de prévention de
L’interdiction absolue était de toute façon déjà dans les conventions et pactes internationaux sur lesquels les pays démocratiques avaient reconstruit leurs lois après les tragédies de la première moitié du siècle passé. L’Italie, souvent en défaut par rapport à ces engagements, dont par exemple le fait de prévoir une loi contre le crime spécifique de torture, a toujours déclaré sa ferme adhésion aux principes que ceux-ci revendiquaient. Pourtant, rien que lors des quinze derniers jours, pas moins de trois affaires ont refait surface – différentes quand au moment et à la spécificité des corps de forces de l’ordre qui ont agit – ce qui met en évidence cette distance entre la théorie et la pratique.
Asti, 2012
À Asti, le tribunal a émis le 30 juin une sentence dans laquelle, qualifiant les maltraitances infligées par des agents de la police carcérale à deux détenus « d’abus d’autorité contre des détenus », a déclaré la prescription du crime. Le résultat ne surprend pas car ce n’est pas le premier du genre ; il est toutefois frappant de voir avec quelle clarté le juge écrit dans la sentence que « les faits en examen pourraient aisément être qualifiés de torture » (j’épargne aux lecteurs la description détaillée des maltraitances subies par les détenus), mais que le crime n’est pas prévu par le code pénal, et donc le tribunal ne peut que s’appuyer sur d’autres typologies de crime inadéquates. Aucun doute sur la nature des actes commis et prouvés au procès, par ailleurs corroborés par des enregistrements téléphoniques de conversations entre les prévenus. La torture a bien eu lieu à Asti, mais n’est pas punissable de manière adéquate.
Calabre, 1976
À l’autre bout de la péninsule, en Calabre, la Court d’Appel a absout il y a trois jours, lors d’une révision de procès, Giuseppe Gulotta après vingt-deux ans de prison, sanction basée sur le témoignage d’un supposé complice, qui avait mené à l’inculpation de deux autres jeunes hommes. Les faits datent d’un lointain mois de janvier 1976, Gulotta avait alors 18 ans, et le procès a été soumis à révision uniquement parce qu’un ex-brigadier des carabiniers, à l’époque en service dans le département antiterrorisme de Naples, a raconté il y a quatre ans que le témoignage avait été obtenu de force sous
L’affaire « De Tormentis », 1978
Mercredi passé, la recherche sur des enquêtes non résolues, menée lors de l’émission télévisée « Chi l’ha visto ? » a porté dans la soirée de quiétude des familles l’affaire dramatique et trouble des forces spéciales qui conduisaient des interrogatoires fin des années 70, sur des membres ou sympathisants de la lutte armée. Enrico Triaca a raconté son histoire et les tortures subies en mai 1978, après son arrestation dans une papeterie romaine pour soutien aux Brigades Rouges : les tortures furent infligées non pas par un policier agité qui perd le contrôle de la situation, mais par un petit groupe préposé à cette tâche, coordonné par cet homme des ténèbres qui était surnommé « De Tormentis », obscène comme son mode opératoire.
Triaca, « disparu » durant les 20 jours qui suivirent son arrestation, avait immédiatement dénoncé les tortures endurées, mais le lendemain de sa plainte, il reçut un mandat d’arrêt pour calomnie – le chef du bureau d’instruction en poste à ce moment était très rapide – et la conséquente condamnation. La réouverture du procès pour calomnie serait intéressante maintenant que nous savons qui se cache derrière le pseudonyme « De Tormentis ». On sait que cet homme se définit comme un noble serviteur de l’état, qui ne nie pas, mais insert le tout dans une sorte d’exigence du contexte. Lui qui, malgré quelques pas de côté, confirme. Tout comme il y a quelques années un autre super policier, Salvatore Genova, dans une interview au « Secolo XIX », avait confirmé que des tortures avaient bien été infligées à des personnes arrêtées dans le cadre de l’enquête sur l’enlèvement Dozier, opéré en Vénétie par les Brigades Rouges quelques années plus tard. Genova fut alors indiqué comme cible de calomnie, et quelqu’un (le Parti Social-démocrate, dont le nom parait bien étrange) lui avait alors concédé l’immédiate « salvacondotto » (sorte d’immunité) pour la candidature au Parlement, et ce malgré le fait que dans ce cas précis, une enquête avait, une fois n’est pas coutume, avéré les faits et responsabilités, mais personne n’avait été puni. De toute évidence parce que le crime de torture, qui n’existe toujours pas à l’heure actuelle, n’existait pas non plus à l’époque. Mais tout ceci fut rapporté comme un cas isolé, une bavure dans un contexte dans lequel il était sans cesse affirmé et répété que la lutte armée avait été combattue et vaincue sans jamais dérailler du chemin du respect rigoureux de la légalité.
Le fait de retourner en arrière de quelques années, de l’affaire Dozier à l’affaire Moro, et de retrouver les mêmes pratiques, les mêmes noms, un petit groupe préposé à cette tâche – « prêté » au besoin par Naples au nord du pays – bien connu de ceux qui avaient alors des hautes responsabilités, donne une autre lumière au tout.
La torture est une pratique « systémique »
Par ailleurs, les trois faits rapportés, de par leurs différentes provenances aussi bien territoriales que temporelles, des corps de police ayant opéré, fournissent un panorama assez inquiétant de l’attitude que notre pays a vis-à-vis de la torture : ceux qui ont la pratique de la recherche scientifique ou sociale sait que l’ampleur de plusieurs paramètres fait passer l’évaluation de ce qui a été observé jusqu’ici de « épisodique » à « systémique » et change donc la modalité avec laquelle évaluer ce phénomène. Ceci porte par exemple à l’interrogation, dans ce cas, sur les cultures formatrices de ceux qui opèrent au nom de l’état, sur la couverture dont ils bénéficient, et enfin sur l’absence de la part des forces politiques et culturelles du pays, d’une réflexion plus ample sur le côté révélateur que ces faits revêtent, en tant qu’indicateur sur la qualité de la démocratie.
Leur attitude de négation ou de marginalisation est de fait complice du fait que ces pratiques se perpétuent et sont implicitement l’affirmation d’un principe autoritaire en tant que ciment de l’agrégat social, et ce au détriment total de l’état de droit.
Pour ces raisons, la sempiternelle affirmation de certains politiciens et procureurs comme quoi l’Italie, même lors d’années dramatiques, n’a jamais opéré, sans l’ombre d’un doute, quelque infraction de la légalité que ce soit, doit être refusée. Pour ces raisons, déjà 30 ans auparavant, certains d’entre nous – je pense à l’expérience de
Spataro, Battisti et la magistrature
Tout aussi récemment, –il y a exactement un an, le 10 février, à l’occasion du débat sur la possibilité d’extrader Battisti – le procureur Spataro se chargea de réaffirmer dans ces pages que « L’Italie n’a connu aucune dérive antidémocratique dans la lutte contre le terrorisme » et que « il est faux de dire que l’Italie et son système judiciaire n’aient pas été en mesure de garantir les droits des personnes accusées de terrorisme durant les années de plomb ». Aujourd’hui, je crois que de telles déclarations, filles de la négation du côté politique du phénomène d’alors, doivent être revues.
Parce qu’il n’est pas possible que ce qui se passait et se passe encore dans le secret ne soit pas connu de ceux qui ensuite interrogent un détenu ou le visite dans sa cellule. Ce n’était pas possible à l’époque et ce n’est toujours pas possibles dans les cas de maltraitances d’aujourd’hui. Le tribunal d’Asti, par exemple, est sévère avec le directeur de cette prison, dont les déclarations sont parfois qualifiées d’ « invraisemblables ». Et le magistrat qui recueillit les témoignages accusant Gulotta, comment enquêta-t’il sur les modalités avec lesquelles ils furent obtenus ? Tout comme les magistrats qui virent Triaca et écoutèrent ses affirmations, à peine sorti de jours obscures, quelles actions entreprirent-ils pour en comprendre le fondement ?
La responsabilité, tout du moins au sens large, n’est pas uniquement imputable à celui qui opère, mais également à celui qui ne voit pas, et encore davantage à celui qui ne veut pas voir. Parce que la négation de l’existence d’un problème n’aide certainement pas à effacer ce qui l’a déterminé, et ouvre par ailleurs les portes à la mise au jour sous une lumière sinistre d’autres opérations, même celles de personnes qui – heureusement une large majorité – ont agit et agissent tout à fait correctement.
Dans un article paru hier dans Repubblica, Adriano Sofri rappelait le fait que beaucoup de ces histoires étaient connues, tout du moins en feuilletant par exemple les rapports d’Amnesty ou également les dénonciations même, parvenues au Parlement. C’est vrai, mais je crois qu’entre un « je sais » dit selon la mémoire pasolinienne et une déclaration publique de la part de ceux qui ont opéré de la sorte, il y a une distinction essentielle : une distinction telle que cela rend inacceptable le silence ou la perduration dans une logique où rien ne s’est passé et rien ne se passe.
Aujourd’hui, la négation continuelle de ce problème n’aide pas à refermer le passé d’une manière politiquement et éthiquement acceptable et utile, ni à comprendre quels antidotes il faut assimiler pour que ça n’arrive plus.
Traduit de l'italien par Fabrice Lambert pour Investig'Action
Source : michelcollon.info
jeudi 23 février 2012
Pétition contre la guerre en Iran et en Syrie.

Lancé à l’initiative de Domenico Losurdo, cet appel international, paru en plusieurs langues et destiné au gouvernement respectif de chaque pays concerné, a déjà reçu le soutien de plusieurs députés au Bundestag, du philosophe et député européen Gianni Vattimo, et de nombreux citoyens.
Pour signer la version française de cette pétition, envoyer vos noms et confirmation à :
N’hésitez pas à faire circuler ce texte.
Stopper les préparatifs de guerre ! Mettre fin à l’embargo !
Solidarité avec les peuples iranien et syrien !
Des dizaines de milliers de morts, une population traumatisée, des infrastructures largement détruites et un Etat désintégré : c’est là le résultat de la guerre menée par les Etats-Unis et l’OTAN pour s’approprier les richesses libyennes et recoloniser le pays. A présent, ces derniers préparent éhontément la guerre contre l’Iran et la Syrie, deux pays stratégiquement importants, riches en matières premières et qui refusent, en toute indépendance politique, de se soumettre à leurs diktats. Une attaque de l’OTAN contre la Syrie ou l’Iran pourrait provoquer un conflit direct avec la Russie et la Chine, ce qui aurait des conséquences inimaginables.
De continuelles menaces de guerre, le déploiement de troupes aux frontières de l’Iran et de la Syrie, sans parler des actions terroristes et de sabotage de la part d’« unités spéciales » infiltrées, tout cela fait partie de l’arsenal avec lequel les Etats-Unis et autres membres de l’OTAN imposent un état d’exception aux deux pays pour les épuiser. Les Etats-Unis et l’Union européenne tentent de façon cynique et inhumaine de paralyser par l’embargo le commerce extérieur et les transactions financières de ces pays. De manière délibérée, ils veulent précipiter les économies iranienne et syrienne dans une crise grave, augmenter le nombre de chômeurs et compromettre l’approvisionnement de la population. Pour trouver un prétexte à leur intervention militaire planifiée depuis longtemps, ils cherchent à attiser les conflits ethniques et sociaux internes et à provoquer une guerre civile. L’Union européenne ainsi que le gouvernement italien collaborent grandement à cette politique d’embargo et de menaces de guerre contre l’Iran et la Syrie.
Nous appelons tous les citoyens, églises, partis, syndicats, mouvements pacifistes à s’opposer énergiquement à cette politique de guerre.
Nous demandons au gouvernement français :
-de stopper sans conditions et immédiatement l’embargo contre l’Iran et la Syrie ;
-de déclarer qu’il ne participera en aucune sorte à une guerre contre ces Etats et qu’il n’autorisera pas l’utilisation de sites français pour une agression de la part des Etats-Unis et de l’OTAN ;
-de s’impliquer au niveau international pour mettre fin à la politique des chantages et des menaces de guerre contre l’Iran et la Syrie.
Les peuples iranien et syrien ont le droit de décider par eux-mêmes et souverainement de l’organisation politique et sociale de leur pays.
Le maintien de la paix exige que soit respecté rigoureusement le principe de non-ingérence dans les affaires internes des autres Etats.
Domenico Losurdo
Gianni Vattimo
Manlio Dinucci
Voir la pétition (en plusieurs langues) et la première liste des signataires sur le blog de Domenico Losurdo
Faire circuler
dimanche 12 février 2012
Aucune excuse, aucune sanction, soutien total à M. Letchimy par Patrick Chamoiseau, écrivain
Quand on commence à hiérarchiser entre les civilisations, sur les degrés de "l'inférieur " et du "supérieur", on entre dans une dérive vers les pires horizons. L'idée de civilisation, très à la mode durant les grandes conquêtes occidentales, renvoie à celle de culture dont elle serait le substrat le plus noble ; et le fait de culture débouche directement sur le socle de l'humain. Avec l'humain, venaient les absurdités de la "race" qui ont occupé les thèses de supériorité, et donc de hiérarchisation, où se sont abimés le comte Arthur de Gobineau, les anthropologies racistes, et toutes les justifications du colonialisme. L'idée de "race supérieure" engendrait celles de culture et de civilisation supérieures. Ce qui autorisait à inverser la formule et à considérer que la simple possibilité de civilisation supérieure impliquait sinon une race (on n'ose plus l'avancer) mais des cultures et des humanités inférieures. C'est pourquoi l'équation réversible coloniser = civiliser a si longtemps duré, et pointe encore de temps en temps un restant de ténèbres.
