samedi 31 octobre 2009

dimanche 4 octobre 2009

Après les barbares














J'allais errant à travers la cité dévastée ;
Devant le Capitole Jupiter gisaient sur le sol, brisé.

La cité se consumait.
Les Goths campaient sur le forum,
fondant l'or et l'argent des dieux
et le bronze qui recouvrait leurs temples.

Au loin, je voyais,
Les dernières lueurs rougeoyantes
de l'incendie qui illuminait la nuit.

Le temple d'Artémis brulait toujours !

Avant que le monde s'effondre,
J'étais prête et je servais la Déesse !
Je l'adorais.
Elle portait un carquois derrière l'épaule,
un arc dans ses deux mains, un croissant d'argent sur les cheveux.
Ma vie était à Elle.
Sur l'autel je répandais le sang des animaux
sacrifiés
et grillait sur le foyer leurs os craquants
Et leur graisse crépitante,
Pour Elle.

Et quand son astre enfin apparaissait
Chaque nuit dans mes rêves je m'unissais à la Déesse.
Elle volait par dessus ma couche
Je la laissais effleurer mon corps tendu et palpitant
Je me perdais en Elle.

Je ne rêve plus…
Elle a fuit au plus profond des bois,
et de l'âme des hommes.

Je vais errant entre les murs calcinés
sous le pâle éclat de la Lune,
et des dernières lueurs de la ville qui se consume.

Me voilà entre les colonnes bouleversées du temple d'Aphrodite.
Au milieu des gravas et des cendres
seuls les chiens et les corbeaux semblent rendre un hommage incertain
à celle qui naquit de l'écume.
Ses douces et blanches servantes
Qui hier encore offraient l'amour sacré aux fidèles exaltés
Ouvrent aujourd'hui leurs cuisses,
Dans le quartier du port,
Aux barbares et aux marins avinés.

Aphrodite et l'Amour ne sont plus
Artémis s'est enfuie désertant mes rêves et la cité ruinée
Les nymphes ne peuplent plus mes songes,
Leurs chants et leurs rires se sont tus.
Je ne rêve plus.

Mes Nuits sont glacées,
Tout est dévasté
Et je dois supporter tout le jours les odeurs rances des barbares

Ma Déesse, pourquoi m'as tu abandonné ?

Où sont les nymphes, et les bacchantes ? Pourquoi ne puis voir encore leurs doux visages, sentir leurs cheveux blonds flottant? où sont leur danses échevelées et la joie et le plaisir qui descendaient de l'Olympe derrières elles… Où sont mes songes divins et délicieux ?

Je garde à jamais la nostalgie des Déesses évanouies …

C. G. 29 septembre 2009, 7h30

Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.



très bel article de Maxime Vivas sur les causes des suicides à France Telecom publié sur le Grand Soir :

Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies.

Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. A l’époque, tous les délocalisés (souvent des couples) étaient volontaires en raison d’avantages palpables : primes de mobilité, autre qualité de vie, de transport, de logement.

Cette direction nationale comptait environ 800 personnes à Blagnac et 6000 dans ses directions « régionales » dont les sièges étaient à Lyon, Metz, Nantes, Paris, Toulouse.

A Paris, la DG (direction générale), sous l’impulsion d’un DRH éclairé et de quelques collaborateurs convaincus, avait mis en place un service national comptant une centaine d’ergonomes ou assimilés pour 150 000 agents.

A quoi sert un ergonome ? En résumé, c’est un analyste du travail dont la tâche est de créer des situations où les opérateurs sont placés dans de meilleures conditions de confort, de sécurité et d’efficacité. Confort, on voit là le profit pour les agents. Efficacité, on voit celui de l’entreprise. L’intérêt commun est dans la sécurité, la diminution des accidents de travail.

En ces lieux de coopération et d’antagonisme que sont les entreprises, les ergonomes développent des opérations gagnant-gagnant, en collaboration avec les directeurs d’établissements, les cadres, les agents, les syndicats et les CHSCT.

Pour arriver à leurs résultats, ils pratiquent de minutieuses observations du travail, dialoguent avec les opérateurs, avec les cadres, étudient les locaux, les documents de travail, les matériels, les notes de service, les modes opératoires, etc. Ils interviennent sur les ambiances thermique, lumineuse, sonore, l’agencement des postes de travail, le contenu du travail, son rythme et son organisation même.

Leur formation emprunte entre autres à la psychologie, à la sociologie, à la physiologie. Dans le jargon des directeurs de France Télécom (essentiellement issus de l’école Polytechnique) adeptes des « sciences dures », il s’agissait là de « sciences molles », donc de théories fumeuses.

A l’époque (je doute que cela ait beaucoup changé depuis), un diplômé d’une grande école, pouvait entrer dans le monde du travail à moins de 30 ans et gérer illico des dizaines, voire des centaines de salariés, sans avoir reçu une seule heure de formation sur ces sciences méprisées. Le fait qu’elles ne soient pas enseignées à Polytechnique suffisait d’ailleurs à prouver qu’elles servaient tout juste à sodomiser les diptères.

Le DRH, fondateur de l’équipe d’ergonomie, parti (ou débarqué), France Télécom n’eut de cesse que de résorber cette niche de plaisantins dont l’activité faisait obstacle au management intuitif, ou dépoussiéré en surface par des bonimenteurs en costars croisés et cravates rayées, pseudos experts de cabinets de consultants dont les attachés-cases étaient bourrés de recettes magiques pour améliorer en un temps record la gestion des « ressources humaines », réduire les coûts du travail, améliorer la productivité.

(...)

lire la suite de l'article sur le site du grand Soir