vendredi 9 mai 2014

Overlord et Bagration

Compte rendu par Jacques Sapir de l’ouvrage de Jean Lopez, Operation Bagration  
Les célébrations du 69ème anniversaire de la Victoire sur l’Allemagne (9 mai) annoncent celles du 70ème anniversaire du débarquement de Normandie. L’attention des médias comme celle du public va donc être focalisée sur le rôle des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne et sur une bataille qui, si elle eut une importance considérable pour la France, doit être resituée dans son contexte de l’époque. Un livre récent de Jean Lopez[1], Opération BAGRATION – La revanche de Staline, permet de relativiser utilement les combats qui ont eu lieu sur les plages de Normandie. Ce livre s’inscrit d’ailleurs dans un ensemble dont 4 autres ouvrages ont été publiés[2]. Ce travail de fond place Jean Lopez parmi les meilleurs spécialistes de l’Armée Rouge et des combats de 1941 à 1945.
Ce livre vient à point. Il contribue à rétablir la vérité sur les opérations de la seconde Guerre Mondiale. En effet, il faut rappeler que le débarquement en Normandie eut été impossible si la majorité de l’armée allemande n’avait été immobilisée face aux forces soviétiques. La victoire de Koursk (juillet 1943) et les offensives qui ont suivi ont rendu possible l’opération Overlord. Ceci est particulièrement vrai dans les chiffres : on estime ainsi qu’en 1944 que 50% du potentiel militaire de l’Allemagne est employé face à l’Armée Rouge alors qu’environ 25% seulement est déployé en France, en Belgique et aux Pays-Bas. Mais ceci est encore plus vrai pour la qualité des hommes. La guerre contre l’URSS a saigné l’armée nazie. La qualité des hommes, combattants et commandants, s’en ressent. Elle ne se relèvera pas, d’ailleurs, des coups qui lui seront infligés lors de Bagration....

la suite de l'article sur le blog de Jacques Sapir


mardi 28 janvier 2014

pete seeger which side are you on



CHORUS:
Which side are you on?
Which side are you on?
Which side are you on?
Which side are you on?

They say in Harlan County
There are no neutrals there.
You'll either be a union man
Or a thug for J. H. Blair.

My dady was a miner,
And I'm a miner's son,
And I'll stick with the union
'Til every battle's won.


Oh workers can you stand it?
Oh tell me how you can?
Will you be a lousy scab
Or will you be a man?


Come all you good workers,
Good news to you I'll tell
Of how the good old union
Has come in here to dwell.


Shenandoah - Pete Seeger (1919 - 2014)




O, Shenandoah, I love your daughters,
Away, you rolling river.
O, Shenandoah, I love your daughters,
Away, I’m bound away, ‘cross the wide Missouri.

O, Shenandoah, I long to see you,
Away, you rolling river.
O, Shenandoah, I long to see you,
Away, I’m bound away, ‘cross the wide Missouri.

Pete Seeger, 1919-2014


Parce que les Etats Unis ne sont pas seulement le pays de l'iméprialisme

samedi 11 janvier 2014

Dieudonné, la censure et la quenelle par Alex Bernard

un article paru sur le site du PTB qui donne une analyse que je partage sur l'hystérie actuelle autour de Dieudonné et sa "quenelle", même si j'émettrrai un doute sur l'aspect réellement anti système de ce qui est souvent un geste grassement rigolard, vulgaire et poujadiste du types "tous pouris" "allez tous vous faire foutre"... rien de bien révolutionnaire en tout cas (quand ce n'est pas parfois explicitement ou implicitement antisémite comme le note l'article)

Depuis plus de 10 ans, un des humoristes les plus populaires de France, Dieudonné M’Bala M’Bala, fait l’objet d’attaques répétées. En cause ? Les prises de positions et les provocations répétées de l’humoriste qui ont pris un contenu de plus en plus politique et controversé. Ces trois dernières semaines, la répression qu’il subit a pris un caractère extrêmement grave du point de vue démocratique.
Le président de la République française, le socialiste François Hollande, et son ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, sont prêts à tout pour interdire ses spectacles. Y compris bafouer leurs propres lois. Un avocat renommé et ardent partisan de la politique israélienne, Me Klarsfeld, appelle à créer des troubles à l’ordre public pour justifier leur interdiction. On menace d’utiliser des alertes à la bombe. Des patrons de grands groupes de presse appellent explicitement à « censurer internet » et faire pression sur les directeurs de salle pour qu’ils décident de ne plus mettre l’humoriste à l’affiche. Il existe aujourd’hui un consensus politique en France parmi les partis politiques traditionnels pour lutter contre Dieudonné au travers de la censure, des peines judiciaires ou d’interdictions administratives.

Censure inacceptable

Ces attaques et appels à la censure sont à combattre avec la plus grande fermeté pour deux raisons essentielles.
Ces attaques et appels à la censure sont à combattre avec la plus grande fermeté.
Tout d’abord, il ne fait aucun doute que de telles mesures constitueront un dangereux précédent pour justifier la censure de toute idée considérée comme dérangeante par l’establishment. Le capitalisme (où une petite minorité continue à s’enrichir pendant que la majorité est en train de se serrer la ceinture) ne peut donner lieu qu’à des critiques et des réactions de plus en plus virulentes. Est-ce que ces critiques seront elles aussi interdites, réprimées ou censurées ?
Ensuite, l’affaire Dieudonné n’est plus l’affaire d’une personne. « La quenelle », geste inventé par Dieudonné, est reprise par des milliers de jeunes pour exprimer un espèce de « fuck » moderne, un geste « anti » pour faire part d’un ras-le-bol général. Aujourd’hui, par des attaques disproportionnées contre Dieudonné et contre la quenelle, ces jeunes sont traités comme des parias mais aussi comme des « antisémites ». Un député français annonce le dépôt d’une proposition de loi en vue d’interdire ce geste. Des groupes ultra radicaux n’ont aucun problème en France à s’attaquer physiquement à ceux qui ont fait le signe de la quenelle. Sans susciter beaucoup d’indignation.
Considérer tous ceux qui font une quenelle comme des gens dangereux ou des antisémites, c’est ne rien comprendre à la diversité d’expression que ce geste symbolise pour ces auteurs. Il y a de toute évidence une série de personnes qui y ont mis un contenu antisémite et raciste (des photos circulant sur internet sont explicites) mais généraliser et stigmatiser l’ensemble des auteurs de quenelles, c’est ne rien comprendre à ce que cela exprime vraiment : un dégout extrêmement divers vis-à-vis d’un système ou d’une élite politique, médiatique et économique qui veut imposer sa pensée unique. « C’est même très contreproductif, rajoute Michel Staszewski de l’UPJB (Union Progressiste des Juifs de Belgique). Que celles et ceux qui veulent réellement combattre l’antisémitisme, se concentrent sur ses véritables manifestations sans voir de l’antisémitisme partout. »
L’acharnement contre Dieudonné et la stigmatisation de cette jeunesse qui fait la quenelle a un message précis : « vous n’avez pas le droit de penser différemment. »
En réalité, l’acharnement contre Dieudonné et la stigmatisation de cette jeunesse qui fait la quenelle a un message précis : « vous n’avez pas le droit de penser différemment. » Et ceux qui dévient seront considérés comme des parias, des gens à faire taire, même violemment.

Quenelle, pour aller vers où ? 

La quenelle est donc l’expression d’une rupture de la jeunesse avec la pensée unique. Il y a un sens positif à cela. Le système du tout au profit qu’est le capitalisme, les profondes inégalités sociales qu’il crée, le racisme et les discriminations quotidiennes qu’il génère mérite bien un geste de rejet. Mais est-ce le sens que ses deux propagateurs actuels, Dieudonné et Alain Soral (cet ancien cadre du FN français), veulent réellement lui donner ? Certainement pas. L’évolution politique de Dieudonné le démontre.
Dieudonné n’est plus un simple humoriste attaqué par le système, qui cible les événements de l’actualité, qui mène un combat pour le droit de rire de tout, y compris des juifs.
Dieudonné n’est plus un simple humoriste attaqué par le système, qui cible les événements de l’actualité, qui mène un combat pour le droit de rire de tout, y compris des juifs. Le point de départ des attaques fut un sketch réalisé en direct sur France 3, où Dieudonné s’était déguisé en colon extrémiste israélien et avait mimé un salut hitlérien. Une hystérie totalement injustifiée s’en est suivie : interdiction de télé, de promotions, annulations de spectacles, menaces de mort, procès. Il s’est défendu à l’époque comme il pouvait, en refusant à raison de présenter ses excuses.
Force est de constater que trop peu de personnalités ont eu le courage de prendre sa défense alors qu’il le méritait sans aucun doute. L’affaire Dieudonné a mis en évidence l’existence d’un lobby qui défend de manière acharnée les intérêts de l’État d’Israël et l’extrême complaisance des autorités françaises à son égard. Pour beaucoup, il est alors devenu le symbole du combat pour la liberté d’expression, un héros anti-système qui montre l’hypocrisie du pouvoir et le deux poids-deux mesures des autorités françaises.
On pourrait trouver cela positif. Mais les choses ont largement dérapé depuis. De provocation en provocation, le Dieudonné d’aujourd’hui fait objectivement de la politique et, hélas, dans une perspective très précise : semer la confusion parmi la jeunesse qui ne croit plus au système, légitimer l’extrême-droite et communautariser les contradictions de la société en propageant l’idée complètement fausse qu’un complot judéo-maçonnique domine le monde.

La confusion au service de l’extrême-droite

Dieudonné se profile comme un rebelle anti-système. Mais quel système ? Il n’a aucune critique du capitalisme. Et être rebelle pour Dieudonné revient à provoquer, faire des quenelles et faire du politiquement incorrect. Dieudonné partage en fait avec Alain Soral, cet ancien cadre du Front National avec lequel il est en alliance de fait, la même doctrine de résistance : « Le politiquement incorrect n’est en rien un inutile jeu de provocations. C’est même la doctrine de résistance au mondialisme. […] nous pouvons, nous nationaux, en tant que seuls critiques efficients, devenir les maîtres à penser de demain et incarner, nous et nous seuls, le renouveau du Génie français ! ».
En pratique, cette doctrine du politiquement incorrect amène Dieudonné à légitimer l’extrême-droite et ne légitimer que celle-ci.
En pratique, cette doctrine du politiquement incorrect amène Dieudonné à légitimer l’extrême-droite et ne légitimer que celle-ci. En s’affichant auprès du négationniste Robert Faurisson, en faisant de Jean-Marie Le Pen le parrain de sa fille, en serrant la main de Serge Ayoub, dirigeant d’une milice d’extrême-droite responsable du décès d’un militant anti-fasciste… Dieudonné réussit l’exploit de légitimer les fascistes aux yeux de beaucoup de jeunes de milieu populaire, y compris les enfants issus de l’immigration, qui n’auraient jamais pu se rapprocher de l’extrême-droite autrement.
Le confusionnisme de Dieudonné l’amène à soutenir en Belgique le parlementaire ex-PP, ex-MLD, ex-Islam, Laurent Louis. Dans une réunion publique, devant des centaines de jeunes surchauffés, Dieudonné affirme : « Je te soutiens. Je suis 100 % derrière toi. Tu vas être élu. » Dans sa dernière vidéo 2014, année de la quenelle, il en fait encore la promotion. Laurent Louis en profite bien, lui qui a décidé d’adopter le même style (la provocation et la victimisation comme action politique), et qui est passé d’un discours ouvertement raciste et d’extrême-droite « classique » quand il était au PP à un discours plus Soralien sur le « complot des élites perverses soumises au lobby juif ».

L’antisémitisme et le « complot des élites soumises au lobby sioniste »

Dieudonné s’est toujours défendu d’être antisémite et beaucoup de ses sketchs ont été accusés à tort d’antisémitisme, car ils n’exprimaient en réalité qu’une critique du sionisme et de la politique d’Israël. Mais ce n’est clairement plus le cas aujourd’hui. Dans ses vœux de 2014, il affirme : « je ne suis pas antisémite. Aujourd’hui, je ne le suis pas. Mais je ne dis pas que je ne pourrais pas le devenir un jour. »
Quand Dieudonné prend des positions politiques, elles ne concernent plus que la communauté juive.
Quand Dieudonné prend des positions politiques, elles ne concernent plus que la communauté juive. L’humoriste minimise le génocide juif et se mêle à des personnalités qui estiment que le génocide est exagéré ou n’a pas eu lieu (comme le négationniste Robert Faurisson). En 2009, il crée sa liste « Anti-sioniste » avec des personnalités comme Alain Soral, qui venait juste de quitter le FN. Depuis, ils sont deux compagnons de route, unis sur une seule obsession : faire du sionisme la cause fondamentale de toutes les injustices qui minent la société et l’idée que les élites françaises sont complètement soumises au lobby sioniste. Les divisions dans notre société ne seraient alors plus des contradictions entre classes sociales ayant des intérêts opposés, le clivage devient communautaire « sionistes-establishment » contre « musulmans anti-système ». Et le déchaînement médiatique, la répression de Dieudonné et le manque de réaction de la gauche ne fait que renforcer l’extrême droite.
Aujourd’hui, on ne peut plus être contre la répression que subit Dieudonné sans également prendre ses distances avec ses idées. Et on ne peut plus lutter contre ses idées sans s’opposer fermement à la répression qu’il subit. Il ne faut céder ni sur l’un ni sur l’autre terrain.

mardi 3 septembre 2013

Partant pour la Syrie...

Après Napoléon le petit, Napoléon le minuscule rêve lui aussi d'expédition vers la Syrie...


Jean-Adolphe Beaucé; Débarquement du corps expéditionnaire français à Beyrouth le 16 aout 1860.

"Partant pour la Syrie" : une vieille rengaine...

vendredi 30 août 2013

Révélation sur l'attaque chimique du 21 aout!

Cet article est une collaboration entre le reporter Gavlak Dale (également correspondant de l'Associated Press) pour Mint Press News et Yahya Ababneh .

Ghouta , Syrie – La mécanique d'une intervention militaire américaine en Syrie s'accélère suite à l'attaque aux armes chimiques de la semaine dernière. Mais les Etats-Unis et ses alliés ont peut-être cibler le mauvais coupable. C'est ce que semble nous apprendre des entretiens avec des personnes rencontrés à Damas et dans la Ghouta, une banlieue de la capitale syrienne, où Médecins sans frontières a indiqué qu'au moins 355 personnes avaient été tuées la semaine dernière du fait de ce qu'ils pensent être un agent neurotoxique.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, ainsi que la Ligue arabe, ont accusé le régime du président syrien Bachar al-Assad de l'exécution de cette attaque à l'armes chimiques qui a essentiellement visé des civils. Des navires de guerre américains sont stationnés en mer Méditerranée prêt à lancer des frappes militaires contre la Syrie en punition de cette attaque massive d'armes chimiques. Les États-Unis et d'autres ne sont pas intéressés à l'examen de toute preuve contraire, le secrétaire d' Etat américain John Kerry affirmant lundi que la culpabilité d'Assad était « un jugement ... déjà clair pour tout le monde . "

Cependant, de nombreux entretiens avec des médecins, des résidents de la Ghouta, des combattants rebelles et leurs familles, offrent un tableau assez différent. Beaucoup d'entre-eux pensent que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l'intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et qu'ils sont responsables de l'attaque au gaz.

"Mon fils est venu me voir il ya deux semaines, me demandant mon avis pour savoir ce qu’étaient les armes qu'on leur avait demandé d'utiliser", a déclaré Abou Abdel Moneim, le père d'un rebelle luttant pour déloger Assad, et qui vit dans la Ghouta. Abdel Moneim affirme que son fils et 12 autres rebelles sont morts à l'intérieur d'un tunnel utilisé pour stocker des armes fournies par un militant saoudien, connu sous le nom d'Abou Ayesha , qui dirigeait un bataillon de combat. Le père a décrit les armes comme ayant une «structure en forme de tube " tandis que d'autres étaient comme une "bouteille de gaz énorme. "Abdel Moneim dit que son fils et les autres sont morts lors de l'attaque d'armes chimiques. 
[…]
«On ne nous a pas dit ce que ces armes étaient ni comment les utiliser, se plaint une femme combattant nommée "K." Nous ne savions pas qu'il s'agissaient armes chimiques. Nous n'avions jamais imaginé que s'en étaient »."Quand le prince saoudien Bandar donne de telles armes à des gens , il doit les donner à ceux qui savent comment les manipuler et les utiliser", a-t-elle averti . Elle, comme d'autres Syriens, ne veulent pas donner leurs noms et prénoms par crainte de représailles.

Un chef rebelle bien connu dans la Ghouta nommé "J" est d'accord. " les militants de Jabhat al- Nusra ne coopèrent pas avec les autres rebelles , à l'exception des combats sur le terrain . Ils ne partagent pas les informations secrètes . Ils ont simplement utilisé des rebelles quelconques pour transporter et pour utiliser ce matériel ", affirme-t-il . «Nous étions très curieux au sujet de ces armes. Et malheureusement, certains combattants les ont manipulées de façon inappropriée et ont déclenché les explosions " , a déclaré "J ".

[...]

mercredi 28 août 2013

Syrie : "Les attaques chimiques sont un coup monté"

En exil depuis 35 ans, l’opposant Haytham Manna, responsable à l’étranger du Comité de Coordination nationale pour le changement démocratique (opposition syrienne non armée), s’oppose avec force à toute intervention étrangère contre son pays. 


Haytham Manna © Reuters
L’utilisation d’armes chimiques en Syrie pourrait amener les Occidentaux à "punir" le régime. Qu’en pensez-vous ?
HAYTHAM MANNA : Je suis totalement contre, tout comme la coordination que je dirige. Cela ne fera que renforcer le régime. Ensuite, une intervention risque d'attiser encore plus la violence, d'ajouter de la destruction à la destruction et de démanteler un peu plus la capacité de dialogue politique. Le régime est le premier responsable car il a choisi l’option militaro-sécuritaire. Mais comment peut-on parler de guerre contre le terrorisme et donner un coup de main à des extrémistes affiliés à Al Qaeda ?

Les Occidentaux choisissent la mauvaise option, selon vous ? 
Depuis le début, c’est une succession d’erreurs politiques. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont poussé les parties à se radicaliser. Ils n’ont pas empêché le départ de djihadistes vers la Syrie et ont attendu très longtemps avant d’évoquer ce phénomène. Où est la démocratie dans tout ce projet qui vise la destruction de la Syrie ? Et pensez-vous que ce soit la morale qui les guide ? Lors du massacre d’Halabja [commis par les forces de Saddam Hussein en 1988], ils ont fermé les yeux. Je m’étonne aussi de voir que les victimes d’armes chimiques sont bien davantage prises en considération que les 100 000 morts qu’on a déjà dénombrés depuis le début du conflit.
Qui est responsable du dernier massacre à l’arme chimique ? 
Je n’ai pas encore de certitude mais nos informations ne concordent pas avec celles du président Hollande. On parle de milliers de victimes, alors que nous disposons d’une liste de moins de 500 noms. On est donc dans la propagande, la guerre psychologique, et certainement pas dans la vérité. Ensuite, les armes chimiques utilisées étaient artisanales. Vous pensez vraiment que l’armée loyaliste, surmilitarisée, a besoin de cela ? Enfin, des vidéos et des photos ont été mises sur Internet avant le début des attaques. Or ce matériel sert de preuve pour les Américains !

Pensez-vous qu’une partie au conflit a voulu provoquer les Occidentaux à intervenir ?

C’est un coup monté. On sait que les armes chimiques ont déjà été utilisées par Al Qaeda. Or l’Armée syrienne libre et les groupes liés à Al Qaeda mènent en commun 80% de leurs opérations au nord. Il y a un mois, Ahmad Jarba [qui coordonne l’opposition armée] prétendait qu’il allait changer le rapport de forces sur le terrain. Or c’est l’inverse qui s’est produit, l’armée loyaliste a repris du terrain. Seule une intervention directe pourrait donc aider les rebelles à s’en sortir… Alors, attendons. Si c’est Al Qaeda le responsable, il faudra le dire haut et fort. Si c’est le régime, il faudra obtenir une résolution à l’ONU. Et ne pas laisser deux ou trois payer fédérer leurs amis, pas tous recommandables d’ailleurs.

Entre Occidentaux et Russes, quelle position vous semble la plus cohérente ?

Les Russes sont les plus cohérents car ils travaillent sérieusement pour les négociations de Genève 2 [sensées mettre autour d’une même table le régime et les opposants]. Les Américains ont triché. Deux ou trois fois, ils se sont retirés, au moment où s’opérait un rapprochement.
Une solution politique est-elle encore possible ?
Tout est possible mais cela dépendra surtout des Américains. Les Français se contentent de suivre. Une solution politique est la seule qui permettra de sauver la Syrie. Mais l’opposition armée ne parvient pas à se mettre d’accord sur une délégation.

Que deviendra Bachar al Assad?Il ne va pas rester. Si les négociations aboutissent, elles mèneront de facto à un régime parlementaire. Si du moins on accepte de respecter le texte de base de Genève 2 qui est le meilleur texte, avec par-dessus un compromis international. Mais laissez-moi dire ceci : quand on parle de massacrer des minorités, et que le président fait partie d’une minorité, comment peut-on lui demander de se retirer ou ne pas se retirer ? Aujourd’hui, la politique occidentale a renforcé sa position de défenseur de l’unité syrienne et des minorités. Cela dit, personne ne pourra revendiquer de victoire : la violence est devenue tellement aveugle qu’il faudrait vraiment un front élargi de l’opposition et du régime pour en venir à bout.
François Janne d’Othée, mardi 27 août 2013:  Le vif.be 

mardi 27 août 2013

L'odeur de napalm...

un billet de l'excellent Nidal sur son blog:
Natalie Nougayrède, « Journaliste au Monde », nous livre un très émouvant appel à bombarder la Syrie « de manière précise, ponctuelle et ciblée ». Moi aussi, j’adore respirer l’odeur du napalm au petit matin. Syrie : le crime de trop appelle une riposte
http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/08/26/syrie-le-crime-de-trop-appelle-une-riposte_3466412_3208.html
Agir de manière précise, ponctuelle et ciblée ne reviendrait pas à se précipiter dans un aventurisme militaire occidental. Mais à condition de bien anticiper la suite. L’heure de vérité sonnerait alors pour la diplomatie russe, qui pourrait difficilement se permettre de répliquer contre des navires américains. Ce serait marquer, par l’action, une limite indépassable à la violation des principes les plus intangibles sur lesquels se fondent la communauté des nations et la sécurité internationale. Ce crime de trop appelle une réponse claire et déterminée.

jeudi 18 juillet 2013

HENRI...

J'ai appris la nouvelle, par téléphone... "Henri est mort"... voilà on dira tant de chose.. je l'ai connu il  y a un peu moins de vingt ans... avec Gilberte il formait un couple de communiste admirable, ils ne reniaient rien de leur engagement. Sa fermeté, et j'oserai dire sa fidélité à l'idéal révolutionnaire, n’empêchait pas Henri d'avoir une réelle lucidité et une auteur de vue  pas si courante malheureusement . C'était aussi un ami... il nous manquera;
Nous qui sommes encore vivant, soyons dignes de sa mémoire...

dimanche 7 juillet 2013

PER I MORTI DI REGGIO EMILIA

Le 7 juillet 1960, à Reggio Emilia, protestant contre  le gouvernement Tambroni soutenu par les fascistes du MSI,  cinq manifestants, tous membres de la CGIL et du PCI, tombent sous les coups de feu de la police qui fait usage de mitrailleuses:

-  Lauro Farioli, un ouvrier de 22 ans, marié et père d’un enfant.
 -Ovidio Franchi, un ouvrier de 19 ans.
- Marino Serri, un berger de  41 ans, ancien résistant.
- Afro Tondelli, un ouvrier de 36 ans, ancien résistant.
- Emilio Reverberi, un ouvrier de 39 ans, ancien résistant

Une chanson de Fausto Amodei leur rend hommage. La voici:


jeudi 4 juillet 2013

Les pirates...


Il semble qu'il y ait actuellement une frénésie destructrice du droit international de la part des pays du bloc occidental. L'ensemble des actuels gouvernements néo cons, qui semblent chercher leur inspiration dans la pensée Georges Bush Jr - je veux parler en particuliers des gouvernements formellement conservateurs au Royaume Uni, formellement "socialistes" en France, voire formellement démocratiques en Italie (sans compter les pays à souveraineté limitée et sous protectorat des représentants des banquiers internationaux, comme le Portugal ou l'Espagne...) - ont décidé d'instaurer la piraterie comme norme des relations internationales. On l'avait vu de manière implicite dans l'invasion coloniale de la Libye (avec l'aide de l'ancienne puissance coloniale et celle de la puissance dominante d'après l'indépendance)  puis avec l'alliance islamo occidentale contre l'Etat Syrien (avec là encore, en pointe, l'ancienne puissance coloniale). Mais nous basculons franchement dans la piraterie explicite avec le détournement de l'avion du président bolivien, au nom de la défense du système généralisé de surveillance et de violation de la vie des individus par les Etats-Unis (leur maître à tous). Les "socialistes" français ont donc décidé de renouer avec les pages les plus glorieuses de leur histoire celles qui les vit voter majoritairement les pleins pouvoirs à Pétain, celles qui les vit approuver les accords de Munich, celles des expéditions coloniales et de la torture en Algérie (et ailleurs).. Et sans doute le désir de renouer avec les grandeurs du temps de Guy Mollet leur permet-elle de réitérer ce premier grand acte de piraterie aérienne que fut le détournement d'un l'avion affrété par le Maroc et transportant les  dirigeants du FLN. Mais avouons que Hollande (encore une fois) surpasse son prédécesseur : il détourne un avion protégé par le droit international et l'immunité accordé aux chef d'Etat. Bien sur il s'agit d'un petit Etat, et en plus dirigé par un indigène. La Grande France ne va pas s'embarrasser de ce genre de détail.  Il est vrai que quand l'on choisit la voie de l'abjection il n'y a pas de limite...