dimanche 4 octobre 2009

Après les barbares














J'allais errant à travers la cité dévastée ;
Devant le Capitole Jupiter gisaient sur le sol, brisé.

La cité se consumait.
Les Goths campaient sur le forum,
fondant l'or et l'argent des dieux
et le bronze qui recouvrait leurs temples.

Au loin, je voyais,
Les dernières lueurs rougeoyantes
de l'incendie qui illuminait la nuit.

Le temple d'Artémis brulait toujours !

Avant que le monde s'effondre,
J'étais prête et je servais la Déesse !
Je l'adorais.
Elle portait un carquois derrière l'épaule,
un arc dans ses deux mains, un croissant d'argent sur les cheveux.
Ma vie était à Elle.
Sur l'autel je répandais le sang des animaux
sacrifiés
et grillait sur le foyer leurs os craquants
Et leur graisse crépitante,
Pour Elle.

Et quand son astre enfin apparaissait
Chaque nuit dans mes rêves je m'unissais à la Déesse.
Elle volait par dessus ma couche
Je la laissais effleurer mon corps tendu et palpitant
Je me perdais en Elle.

Je ne rêve plus…
Elle a fuit au plus profond des bois,
et de l'âme des hommes.

Je vais errant entre les murs calcinés
sous le pâle éclat de la Lune,
et des dernières lueurs de la ville qui se consume.

Me voilà entre les colonnes bouleversées du temple d'Aphrodite.
Au milieu des gravas et des cendres
seuls les chiens et les corbeaux semblent rendre un hommage incertain
à celle qui naquit de l'écume.
Ses douces et blanches servantes
Qui hier encore offraient l'amour sacré aux fidèles exaltés
Ouvrent aujourd'hui leurs cuisses,
Dans le quartier du port,
Aux barbares et aux marins avinés.

Aphrodite et l'Amour ne sont plus
Artémis s'est enfuie désertant mes rêves et la cité ruinée
Les nymphes ne peuplent plus mes songes,
Leurs chants et leurs rires se sont tus.
Je ne rêve plus.

Mes Nuits sont glacées,
Tout est dévasté
Et je dois supporter tout le jours les odeurs rances des barbares

Ma Déesse, pourquoi m'as tu abandonné ?

Où sont les nymphes, et les bacchantes ? Pourquoi ne puis voir encore leurs doux visages, sentir leurs cheveux blonds flottant? où sont leur danses échevelées et la joie et le plaisir qui descendaient de l'Olympe derrières elles… Où sont mes songes divins et délicieux ?

Je garde à jamais la nostalgie des Déesses évanouies …

C. G. 29 septembre 2009, 7h30

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